Chardy : « Mon futur bébé a déjà des émotions »
MASTERS PARIS – Auteur d’un superbe exploit contre Daniil Medvedev au 2e tour mardi soir à Bercy, Jérémy Chardy a confié son immense satisfaction. Le Palois a surtout apprécié sa capacité à rester concentré et fidèle à son plan de jeu de bout en bout.
Non, Daniil Medvedev n’est pas invincible. Et décidément, Paris ne lui réussit pas. Déjà éliminé par Pierre-Hugues Herbert au 1er tour de Roland-Garros voici cinq mois, le Russe a rompu sous les coups d’un autre Français, Jérémy Chardy, mardi à Bercy. Déjà très inspiré face à Sam Querrey qu’il avait éliminé avec la manière sur un retour gagnant supersonique, le Palois a sorti de son chapeau une performance majuscule pour mettre fin à la série de 9 matchs et 19 sets gagnés par le Russe.
Monumental Chardy !
Au terme de ce match épique, difficile de ne pas être euphorique. C’est logiquement avec un sourire radieux que le Français est revenu sur son exploit. « C’est une très belle victoire, une sensation magnifique. Tous les efforts qu’on fait à l’entraînement, c’est pour vivre des moments comme ça. Ce soir, je vais bien savourer », a-t-il confié d’emblée. La satisfaction était d’autant plus grande pour Chardy qu’il a eu la sensation d’appliquer à merveille le plan de jeu établi avant ce duel, sur le papier déséquilibré.
Beau joueur, Medvedev regrette ses occasions manquées
Oui, le Français a bien fait claquer quelques coups droits gagnants et il a dominé cette diagonale contre le grand Russe, comme on pouvait peut-être l’anticiper. Mais tactiquement, il en fallait beaucoup plus pour gêner un tel joueur. » Avec Cédric (Pioline qui travaille avec lui depuis quelques mois, ndlr) et mon équipe, on a passé beaucoup de temps à essayer de poser mon jeu, pour que je sois plus solide. C’est une belle récompense. J’ai bien varié les rythmes, les vitesses et les hauteurs de balles », a justement noté Chardy dont le slice de revers a notamment considérablement gêné Medvedev.
Beau joueur après sa première défaite depuis l’US Open, le Russe n’a d’ailleurs eu aucun mal à reconnaître le mérite de son adversaire. « Je savais que Jérémy pouvait très bien jouer, c’est ce qu’il a fait. En même temps, j’ai eu beaucoup de possibilités donc c’est un peu dommage. Et lui, il a saisi ses opportunités et a été bon jusqu’au bout, donc bravo à lui ! Si j’ai manqué de rythme ? C’est possible. Mais je ne peux pas jouer 35 tournois dans l’année, il faut faire des choses justes pour soi et son corps. Je sais qu’on a fait le bon choix. Même si j’ai perdu, je prends ça comme une expérience », a-t-il estimé, philosophe.
Chardy, futur père comblé
Medvedev peut toutefois se mordre les doigts : il n’a converti qu’une de ses 15 balles de break, aucune sur les neuf obtenues dans le set décisif. Et dans ces instants irrespirables, un autre facteur a pesé lourd dans la balance : l’ambiance électrique de Bercy. « D’habitude, je ne suis pas très bon pour me servir du public, mais ce soir j’ai senti dès le début qu’il était à fond derrière moi. Il m’a aidé à sauver toutes ces balles de break, et ça l’a peut-être fait un peu douter. J’aime ma victoire aujourd’hui. J’ai su accélérer et ralentir la cadence quand il le fallait, ce n’est pas toujours facile à faire dans ces moments de tension », a noté le Palois.
Bien dans sa tête et dans ses baskets, Chardy a enfin une source de motivation supplémentaire puisqu’il va bientôt être père. « Le bébé a déjà des émotions, parce que Susan, ma femme, qui est enceinte, vit intensément mes matches. Maintenant, je joue aussi pour ma famille, j’espère que mon enfant me verra jouer. » Extatique, il bénéficiera d’un jour de repos bien mérité avant d’enflammer, du moins l’espère-t-on pour lui, à nouveau Bercy.